lundi 20 mars 2017

CEUX QUI FONT LES RÉVOLUTIONS À MOITIÉ N'ONT FAIT QUE SE CREUSER UN TOMBEAU - 2 / Film réalisé par Mathieu Denis et Simon Lavoie

THÉÂTRE OUTREMONT, 20 mars 2017 (deuxième visionnement)

Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau, Québec/Canada, 2016, 183 min. R. et Sc. : Mathieu Denis et Simon Lavoie. Meilleur film canadien au Festival de Toronto 2016.

Une fois évacué le choc provoqué, lors du premier visionnement, par le sujet, la musique, la violence, la noirceur de ces images (voir mon premier commentaire, ci-après), j'ai pu concentrer toute mon attention sur la proposition filmique des réalisateurs, pour mon plus grand plaisir, si je puis dire...

La structure, complexe, faite de longs plans séquence, chargée de nombreux symboles visuels, m'avait en bonne partie échappée la première fois, trop occupé que j'étais à absorber la force du propos et l'idéologie véhiculée. Il s'agit d'un véritable tour de force, compte tenu des ressources financières en jeu et de la jeune carrière des réalisateurs. Longs retours sur la vie personnelle de chacun des quatre principaux protagonistes, nombreuses citations littéraires qui émaillent les actions et les discussions de la bande des quatre, un abandon et un investissement total des comédiens, une musique (qui n'est pas que heavy métal...), cinquième interprète majeur de ce film d'art et d'essai, bref, j'ai vraiment compris pourquoi cette oeuvre-choc avait remporté le prix du meilleur film canadien au TIFF 2016, à Toronto, « un choix extrêmement surprenant et courageux » (Zoé Protat, Ciné-Bulles, vol. 35, no 1, hiver 2017).

J'aimerais conclure cet aveu d'enthousiasme « retardé » par une dernière citation de la critique de Zoé Protat, dont je vous recommande chaudement la lecture, avant un premier ou un troisième visionnement...

« [...] le long métrage de Mathieu Denis et Simon Lavoie est une oeuvre d'art totale de plus de trois heures, imaginée dans les lendemains qui déchantent du Printemps érable. Un film exigeant, littéraire autant que sensoriel, d'une beauté plastique fulgurante, qui vibre pour un idéal unique : celui de la liberté totale. »

Actuellement à l'affiche (mars 2017) à la Cinémathèque québécoise, le samedi, à 15 h,  et les mercredis et jeudis, à 19 h. Durée : 3 h 03.

9/10

Mots clés : "Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau", Mathieu Denis, Simon Lavoie, "Printemps érable", "Festival du Nouveau Cinéma", TIFF, "Art et Essai" 
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COMMENTAIRE PUBLIÉ LE 8 OCTOBRE 2016 :

Le Printemps érable en toile de fond (2012), « les réalisateurs questionnent la portée et les impacts du militantisme à l'heure du néolibéralisme ». Quatre jeunes « révolutionnaires » (trois femmes, un homme) s'engagent dans une lutte sans merci contre les pouvoirs politiques et financiers, questionnant par le fait même les notions d'engagement, de lutte, de violence, les rapports intergénérationnels et amoureux.

Manifeste politique qui interroge les idéaux révolutionnaires, les valeurs libérales véhiculées par la société, ponctué de nombreuses citations politiques, historiques et littéraires, accompagné d'une musique heavy métal.

Long film, qui aurait gagné sans doute à être raccourci, sous le sceau du désenchantement, de la désespérance et de la violence, mais qui nous amène, malgré nous, à épouser les interrogations et les doutes de ces personnages. Le personnage le plus radical du groupe, en bout de piste, finira par douter de la justesse de leurs actions et de la valeur morale de leurs idéaux.

Un film engagé, troublant.

7/10

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